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Poucette

Publié le 23 décembre 2020

Poucette

Poucette est kidnappée puis ballottée contre son gré, convoitée par le crapaud, le hanneton puis la taupe. Grâce à l'hirondelle qu'elle a sauvée, elle atteint les pays chauds où elle rencontre le génie des fleurs, un semblable. Lui aussi veut l'épouser...Marco Mazzoni travaille tout en délicatesse au crayon de couleur. Au début du livre, les couleurs sont très simples - cyan, magenta, jaune - et au fur à mesure que le personnage se découvre, le dessin de Marco Mazzoni se complexifie et l'esquisse devient chef-d'oeuvre, suivant la discrète métamorphose de l'enfant en femme, son intégration harmonieuse dans le monde végétal et animal, et son épanouissement heureux.


Qu'en sera t-il de la version du célèbre conte adaptée par Marco Mazzoni?

La première impression sera inévitablement bonne, avec une sublime première de couverture, rose et élégante, le réalisme du personnage nous rappelant les styles raffinées et étranges véhiculés par les versions de contes à la saveur gothique des auteurs illustrateurs Sébastien Pérez et Benjamin Lacombe.

Alors pour quel lectorat, jeunes enfants ou pré-ados?

Nous connaissons pour la plupart, la légende de la Petite Poucette, une"Tom Pouce" au féminin, adoptée par un vieux couple elle-aussi et qui sera par la suite enlevée par un crapaud qui souhaitera en faire sa compagne.

Se mêlera à l'aventure animale un monde de fées insoupçonné pour la rescousse.

 

Le style prêté par l'auteur-illustrateur Marco Mazzoni s'associerait bien au mélancolique collecteur de contes d'origine, Hans Christian Andersen; Le collecteur suédois était romantique et émouvant de sacrifice dans ces fins considérées comme heureuses dans le "au bout du compte" - nous avons en tête "la Petite Sirène" ou "la petite fille aux allumettes".

 

En relisant et redécouvrant le conte de la "Petite Poucette", les adultes se rendront compte d'une lecture qui échappera évidemment aux plus jeunes, ce genre de conte "Tom Pouce", "la petite Poucette" ou "la Fille de neige" conteront en définitive l'histoire de tous les parents qui ne peuvent hélas avoir d'enfant, mais aussi d'autres part, de l'adoption miraculeuse accordée par le destin des histoires. 

Les parents sont parfois déja trop vieux - ils n'auront pas eu la chance d'obtenir une descendance pour s'occuper d'eux à l'heure de leurs vieux jours-, trop âgés donc pour procréer certe mais aussi pour élever, courir après un enfant qui bouge, à surveiller.

La magie offrira un enfant d'une taille possible à gérer, de la taille d'un pouce souvent, ce qui appuiera le caractère impossible de la chose et très très magique.

Une bonne étoile répondra au grand regret de ces gens pleins de bonté à partager.

 

Autre chose amusante à noter- à croire que Andersen aimait raisonner sur ses contemporains-, il y aura sur le chemin de la Poucette beaucoup de célibataires en lice pour l'épouser, de gré ou de force, ces animaux n'ayant pas trouvé l'amour, pour la raison de leur laideur ou d'un handicap.

Cela questionnera aussi l'amour. La Poucette trouvera-t-elle quelqu'un à sa taille finalement ou devra-t-elle céder au choix par défaut du repoussant crapaud ou de la gentille taupe?

La fin y répondra.

C'est une très belle histoire, avec plus d'enseignements qu'on pourrait le croire.

Les jeunes lecteurs seront ravis du bel objet.

 

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