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L'art du clip, 100% films d'animation

Publié le 27 décembre 2019
Plongez au coeur de 3 clips animés : Coldplay, Steven Wilson et Love is all

Le clip est un art. Acte promotionnel d’un morceau c’est vrai, il devient parfois une œuvre d’art à part entière que l’on peut prendre plaisir à découvrir indépendamment, voire en dépit, du morceau qui l’habille. Nos discothécaires ont fouillé le web et leur mémoire pour vous présenter tous les mois 3 clips à découvrir ou redécouvrir.

Pour cette nouvelle chronique, et puisque c'est noël, nous vous avons concocté une session 100% films d'animation. Attention cependant s'il s'agit bien de 3 "dessins animés", les sujets traités sont loin d'être tous légers et les vidéos ne sont pas à mettre devant toutes les petites têtes blondes du moins pas sans un adulte pour expliquer ce qu'ils voient.

 

Le pionnier : Love is all

Pour Noël, nous voulions partager avec vous notre petite madeleine de Proust : Une chanson et un clip devenus mythiques (même si aujourd'hui la qualité des dessins et de l’animation peuvent paraître médiocres).

Tous les enfants des années 80 se souviennent probablement de cet air entraînant et de ce clip très coloré, plein de joie de vivre et d'humour où une grenouille chante et joue de la guitare suivie par une ribambelle d'animaux qui dansent, s’amusent et font la fête.  

Le clip s'inspire d'un conte pour enfant d'Alan Aldridge : the butterfly ball and the grasshoper's feasta lui-même librement inspiré d'un poème de William Roscoe écrit en... 1802. Réalisé en 1974 pour illustrer l’album-concept "The Butterfly Ball and the Grasshopper's Feast" d'inspiration Pop, Folk, Rock psychédélique, le morceau a de quoi surprendre. Son créateur n'est autre que Roger Glover le bassiste de Deep Purple. Groupe de Rock emblématique des années 70, on l'attend plus sur le registre Smoke on the water que sur un hymne à l'amour et à la tolérance, thème de Love is all. Surprise donc mais peut-être pas autant que lorsqu'on découvre l'identité de l'interprète : Ronnie James Dio. Soit le chanteur de Black Sabbath et celui-là même qui contribua à populariser le signe des cornes dans le monde du Métal.

Particulièrement connu en France pour avoir été utilisé à partir de 1975 sur la chaîne Antenne 2 (ancêtre de France 2 pour les petits jeunes), la chaîne le diffusait comme interlude pour pallier les « difficultés techniques ».

 Love is all a aussi fait l'objet de nombreux dérivés : pub pour le sirop « Sironimo » dans les années 90, dessin animé Florabelle et la Mushroom family ou encore reprise de Sacha Distel avec Toutes les mêmes aux paroles bien moins sympathiques. Mais si le morceau est un tube en France ou en Hollande il fait un four en Angleterre empêchant la sortie du long métrage prévu à l'origine.

 

 

Le petit nouveau : Coldplay, Daddy

Poétique, onirique, Daddy est une ballade acoustique émouvante portée par quelques notes de piano et une voix mélancolique qui vous invite méchamment au spleen. On y découvre une jeune fille seule dans une barque, au milieu d’un océan, elle semble chercher ce père absent, ce père "so far away"que Chris Martin appelle avec tant de déchirement. Son chemin la mènera dans les fonds marins, dans le ciel, et qui sait, peut-être vers l’être qu’elle recherche et qui lui manque…

Le clip a été réalisé par Åsa Lucander et produit par Aardman Animations, studio britannique emblématique des films d’animation en stop-motion et en pâte à modeler (« Clay animation »), rendu célèbre notamment grâce aux personnages de Wallace et Gromit ou Shaun le mouton.

Daddy est extrait de leur dernier album « Everyday life » qui vient de sortir. Divisé en deux parties Sunset et Sunrise de 8 titres chacune, Sunrise évoque les épreuves de la vie et Sunset les manières de s'en sortir à l'image du morceau Orphans ou Champion of the world.

Coldplay est un groupe engagé qui oeuvre beaucoup au côté de nombreuses associations telle que Oxfam ou Hopeland.Ainsi en 2010, le groupe organise deux concerts « cachés » à Liverpool et Newcastle au profit de Crisis, une association d'aide aux sans-abris. Le public n'est informé que 24 heures à l'avance du lieu du concert, donnant ainsi « un goût de l'incertitude vécue par les milliers de sans-abris qui ne savent pas où ils vont passer la nuit ».

L'original : Steven Wilson, Routine

Routine est extrait du concept album Hand.cannot.erase. Steven Wilson y créé un personnage féminin inspiré de l’histoire vraie d’une jeune femme londonienne décédée dans son appartement, dont le corps ne fut découvert que trois ans plus tard. Profondément marqué par ce fait divers, Steven Wilson en a tiré un album sous une forme narrative qui évoque entre autres la solitude urbaine :

C'était une jeune femme populaire, attirante, qui avait beaucoup d'amis, et de la famille, mais pour une raison quelconque, elle n'avait manqué à personne, durant trois ans. [...] Cette histoire en dit long quant à ce qu'est la vie en ville au 21e siècle.

Également inspiré d'un fait divers dont nous vous laissons découvrir les détails par vous-même, Routine est un clip de 10 minutes qui traite du deuil et du déni avec à la fois force et délicatesse. Il aura fallu 8 mois à Jess Cope (qui a notamment travaillé sur l’animation de Frankenweenie de Burton) pour réaliser ce film d'animation et pour atteindre une finesse de jeu vraiment très réaliste. Les yeux rouges et les mains qui tremblent de ce petit bout de femme éplorée sont d'une vérité troublante.

Ame déprimée s'abstenir...

C'est le cinquième film que réalise Jess Cope pour un projet de Steven Wilson. Elle a également réalisé Drive HomeSong of unbornThe Raven That Refused To Sing et Drag Ropes de Storm Corrosion.

 

trop cool
Note: 
5
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