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Le premier, le géant et le féministe

Publié le 14 novembre 2019
Irena Kačírková, Josef Bek, Lana Del Rey et Angèle : découvrez nos 3 clips d'octobre

Le clip est un art. Acte promotionnel d’un morceau c’est vrai, il devient parfois une œuvre d’art à part entière que l’on peut prendre plaisir à découvrir indépendamment, voire en dépit, du morceau qui l’habille. Nos discothécaires ont fouillé le web et leur mémoire pour vous présenter tous les mois 3 clips à découvrir ou redécouvrir.

 

Le vieux : Irena Kačírková, Josef Bek, Dáme si do bytu

Pour inaugurer cette série de vieux clip, il nous fallait bien commencer par le commencement : le premier clip de l'histoire du clip. Qui, le premier a eu l'idée d'utiliser une vidéo comme support d'un morceau de musique ? Lorsqu'on fouille les archives du Web c'est le clip de Tony Bennett tourné en 1956 à Hyde Park pour le morceau Stranger in the Paradise qui semble avoir été précurseur dans le domaine. Cependant si l'on peut aisément écouter la chanson, le clip lui reste introuvable. Juste derrière en 1958, vient le clip tchèque "Dame si do bytu" (Passons à l'appartement) réalisé par  Ladislav Rychman. On y voit Irena Kačírková (actrice) et Josef Bek (acteur) meubler un appartement. Si le clip est bien évidemment daté, il ne se débrouille pas si mal pour un vieux de 61 ans. D'ailleurs ses effets spéciaux bricolés ne jureraient pas dans un clip de Michel Gondry.

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Le jeune : Lana Del Rey, Doin’ Time

Telle une King Kong californienne glamour, Lana del Rey arpente les rues de Los Angeles. Ses pas la portent jusque dans un Drive'in où son double à échelle humaine y vit un grand moment de solitude. Le clip propose une réplique fidèle des cinémas en plein air typique des années 50 aux Etats-Unis, où pourraient se croiser les personnages de « Grease », « American Graffiti » ou « Happy Days ». Bien référencé cinématographiquement, le clip s’achève par un twist final rappelant « La Rose pourpre du Caire » de Woody Allen, ou encore une scène culte du film japonais « Ring » de Hideo Nakata, l’angoisse en moins ! 

Doin'time a été réalisé par Rich Lee et est extrait de l’album « Norman Fucking Rockwell » qui vient juste de sortir.

Au départ conçu en hommage au groupe Sublime, Lana del Rey offre ici une reprise sensuelle du groupe de Ska punk.

Ce n'est pas la première fois que Lana del Rey s'illustre pour la qualité de ses clips. Vidéo Games a largement participé à la rendre célèbre en 2011.

 

L'original : Angèle, balance ton quoi

Dans le prolongement de #MeToo et de #Balancetonporc, la jeune belge fait parfaitement passer son message grâce à l’humour.  Après avoir fait le procès du sexisme, le clip nous emmène à la anti-sexism academy où Angèle donne une leçon des savoirs de base à Pierre Niney . Raccord avec les paroles de la chanson, le clip va même plus loin, en illustrant plusieurs des combats féministes actuels : consentement, charge mentale, mansplaining, égalité salariale...

A ceux qui se demanderaient si " les trucs féministes, est- ce bien nécessaire ?" Il suffit de lire les articles plus que limites qui s'expriment dans le sillage du clip pour comprendre qu'au-delà du plaisir artistique qu'il y a à écouter "Balance ton quoi", l'engagement citoyen n'est pas de trop.

Portée par une bonne dose d'humour et une très jolie voix, Angèle nous chante des paroles aussi savoureuses que les images :

Pour une fille belle t'es pas si bête, pour une fille drôle t'es pas si laide

Le clip a été réalisé par Charlotte Abramow. Les deux artistes avaient déjà collaborés pour deux autres clips : « La loi de Murphy » et « Je veux tes yeux ». Charlotte Abramow est aussi à l'origine d'un clip spécialement tourné pour la journée des droits des femmes en 2018 sur « Les passantes », de Georges Brassens (pas sûr qu'il lui ai plu...) dans lequel Angèle fait une apparition.

 

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